ARIEGE RANDO BIVOUAC


Par le CD FFME 17

Partir à la découverte des vallées ariègeoises

au milieu du mois de juillet 2013.

Attention ! Il faut savoir que le massif ariégeois est très sauvage avec ses montagnes culminant à 3000m. Les sentiers balisés sont peu nombreux, donc s’aventurer dans ces vallées de tourbières, forêts, torrents et végétations riche et dense demande une sérieuse connaissance théorique et pratique de la cartographie. Ici durant ce séjour de 3 nuits, 80% de la rando s’est effectuée hors sentier : donc carte à l’appui, boussole et topo…

Nota Bene: Vous verrez des noms de cabanes soulignés. Si vous cliquez dessus, vous aurez accès à une fiche informative concernant ces cabanes.

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Le départ s’effectue au parking de Bouychet (928m d’alt). Nous sommes quatre, dont deux initiateurs rando : Lucile (le leader) , Philippe, Sandrine et moi. Il est 13H30. Le soleil tape dur et les moustiques commencent à nous tourner autour. Sacs à dos prévus pour trois nuits en bivouac, plus un piolet car l’hiver et printemps 2013 ont connu un climat particulier avec chutes de neiges impressionnantes et pluies diluviennes qui ont engendré de nombreux dégâts dans les villages près des gaves. D’ailleurs à l’entrée du sentier un panneau informatif recommande d’avoir les équipements nécessaires pour explorer les sommets de l’Ariège.

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Nous prenons donc ce sentier tout d’abord ombragé qui nous mène vers le gave dont le débit est important à cette époque de l’année. Peu à peu nous montonrando-bivouac-ariege-juillet-20132.jpgs dans la vallée où le ciel commence à se voiler mais la chaleur est toujours aussi étouffante. Un randonneur vient à notre rencontre et nous informe que près d’une ruine, des fleurs rares s’y trouvent. Ce sont les Lys des Pyrénées, espèce endémique de ce massif. Puis devant nous se déroule l’étang de Brouquenat d’en Haut où des vaches paissent paisiblement.

Sur la gauche la cabane surgit ( Cabane de Brouquenat d'en Haut: 1597m d’alt). Normalement nous devons bivouaquer mais dès que nous franchissons le seuil, la pluie commence à tomber suite aux coups de tonnerre qui ont marqué la fin de notre montée. Nous attendons et deux d’entre nous décident de monter la tente entre deux éclaircies pour y dormir car la cabane prévue pour 4 ne semble pas si confortable. C’est l’heure de la « douche » (point d’eau près de la cabane) puis apéro et dîner. rando-itinerante-ariege1.jpg

 

 

Jour 2

Lever 7 heures. Le ciel est bien dégagé et il fait très doux pour cette heure matinale. On déjeune et on plie la tente qui finit de sécher. Nous repartons vers le fond de la vallée. L’objectif est d’atteindre la cabane de La Sabine pour y bivouaquer.  

Nous remontons la vallée en longeant le torrent qui dévale derrière nous en cascades fougueuses. Très haut sur les versants à droite nous distinguons des isards.

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Puis nous atteignons l’étang de Peyregrand qui s’étend au-delà de ses berges naturelles. Pour preuve une pierre au milieu de l’eau montre le balisage du sentier. En contournant le lac aux eaux claires et poissonneuses nous remarquons qu’une partie de la prairie est submergée.rando-bivouac-ariege-juillet-20133.jpg

 

rando-bivouac-ariege-juillet-20134.jpgNous marchons le long du torrent émerveillés par ce paysage sauvage, puis devons le traverser en nous déchaussant à la hauteur de la cabane de Peyregrand pour reprendre la direction d’ « El Port Del Siguer ». Nous nous faufilons entre de gros blocs de rocher puis en gagnant de l’altitude nous atteignons les premiers névés encore bien présents en cette période estivale. Au col à 2396m d’alt nous redescendons pour la pause pique-nique du midi. J’en profite aussi pour faire un peu de lessive dans le torrent (base lavante biodégradable). Il fait très chaud et ça séchera bien sur le sac.

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Nous repartons et remarquons des fleurs telles que les fleurs trolles (trolles d’Europe : fleurs toxiques), la nigritelle d’Autriche (orchidée sauvage : nigritella austriaca) et anémones souffrées et autres orchidées sauvages. Nous bifurquons plus bas sur la gauche pour arriver à une intersection de sentiers pour atteindre le port de Baniels ou rando-bivouac-ariege-juillet-20136.jpgde Soulanet. Il faut encore enjamber des ruisseaux qui déferlent tels des torrents turbulents dont certains sont encore recouverts d’un névé fragile. Au col, la pente est justement recouverte d’un névé très raide et glissant ce qui nous oblige à sortir le piolet de rando. En haut de ce col sur la droite, une lignée de ce qui semble être des moutons nous observe.

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Une fois en haut et en sueur, le vent se lève et un air frais nous parcourt l’échine. Nous rangeons le piolet et enfilons une veste imperméable. Le ciel est vraiment bas soudainement. Une espèce de brouillard plane au-dessus de nous et enveloppe déjà les cimes alentours. Tout en bas l’étang de Soulanet étale sa nappe d’eau gris métallique. Nous devons le contourner. Par la gauche ou par la droite ? On distingue des pêcheurs de l’autre côté à gauche avec la tente montée. Nous décidons de contourner par la droite en passant un névé raide surplombant le lac. En passant derrière le rocher le franchissement ne pose aucun problème.

Puis le relief fait encore obstacle. Il faut encore étudier la carte. Par la gauche ou par la droite ? On décide de contourner par la gauche. Nous arrivons au-dessus d’un névé étroit et vertigineux. Il ne faut pas marcher au centre car un torrent peut passer en-dessous et ne pas trop s’approcher des rochers à cause des ponts de neige. Nous plantons bien les talons et arrivons sur un pierrier. Il tombe des gouttes. En bas du pierrier il y a une longue pente raide couverte de buissons de genets, etc… La vallée s’offre à nous avec son torrent puissant qui s’élance en cascade. A mis pente, il commence à pleuvoir, nous couvrons notre sac d’un sursac. On se presse, on est fatigué, on se tord les chevilles, les yeux rivés sur nos pieds et sur la vallée à la recherche de la cabane. Nous devrions la voir, mais nous ne la voyons pas. Des formes similaires à un toit nous fait penser à cette cabane. Nous descendons, traversons petits ruisseaux, mettons les pieds dans l’eau, le tout ponctué par des gros coups de tonnerre. Le temps presse. Encore une large portion de torrent à franchir et il me semble distinguer une forme humaine se faufiler entre des blocs de rochers. Cela peut signifier que la cabane n’est pas loin. Mais cela veut dire aussi que nous ne serons pas seuls sachant que cet abri ne peut contenir que 6 personnes pour y passer la nuit.rando-itinerante-ariege4.jpg

Enfin nous atteignons la cabane vers 17 heures. La cabane recouverte d’un toit végétal se confond bien dans la nature et lui confère vraiment un côté organique. Très petite mais bien agencée et fonctionnelle, elle se compose de deux parties. Une partie très petite et très obscure comporte un bat-flanc recouvert d’un grand carré de mousse et peut accueillir deux personnes. On ne peut pas s’y tenir debout et difficilement assis sur le bat-flanc. Nous y entreposons nos sacs et nous nous  précipitons dans la deuxième pièce où trois randonneurs se sont déjà installés. Trempés, nous nous imposons et faisons connaissance. A peine assis, une averse de grêle qui se transforme très vite en grêlons s’abat sur la vallée et résonne sur le toit. On aurait traîné 30 minutes de plus on se serait fait assommer !

En T-shirt humide je commence à avoir froid et je n’aime pas ça. Il me tarde de ressortir et de rejoindre la pièce à côté pour prendre ma polaire. Une bonne demi-heure plus tard, le ciel devient plus lumineux. Nous sortons et découvrons le sol recouvert de grêle. Le soleil fait son apparition et sèche les gros blocs de rochers plats qui nous serviront de table. Près de la cabane il y a une source qui jaillit et nous en profitons pour nous doucher et faire de l’eau.

Maintenant les pierres sont sèches. Nous préparons l’apéro. Les autres randonneurs ont trouvé un cèpe qu’ils vont faire cuire en très fines lamelles dans leur popote et nous en faire profiter pendant l’apéro. Nous décidons aussi qui dort où. Personnellement j’ai préféré dormir dans le « boui-boui » et un autre dans la pièce à côté et deux dans leur tente posée sur un sol bien spongieux. Au fond de la vallée un paysage paradisiaque se dévoile sous un soleil déclinant révélant les nuances des barres rocheuses qui laissent échapper une cascade en dessous d’une arrête finement ciselée de la crête de la Soulane.

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JOUR 3

Lever 7 heures. Le soleil est présent et annonce une journée bien prometteuse sous ce ciel presque bleu. Nous déjeunons et rassemblons nos affaires qui tentent de sécher çà et là.

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On en accroche solidement sur nos sacs et partons pour atteindre la cabane de Rieufort de Gascous au cas où la météo se dégraderait et si le temps le permet la cabane des Ludines.

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Nous descendons un peu la vallée à travers les ruisseaux puis tentons de trouver un sentier qui existe sur la carte mais qui semble avoir disparu sur le terrain. Ainsi nous crapahutons en dévers sur le versant de gauche à travers une végétation dense et des pierriers. Puis nous retrouvons un sentier qui nous guide vers le bas de la vallée pour suivre le gave.rando-itinerante-ariege6.jpg  rando-bivouac-ariege-juillet-201310.jpg

Il fait encore très chaud et au loin nous voyons le refuge de Quioules. Avant de l’atteindre nous bifurquons à gauche pour remonter une pente abrupte et suivre le ruisseau de Carreau qui dévale entre les rochers. Soudain on arrive sur un replat et surprenons un troupeau de vaches aux clarines harmoniques. 

Nous montons encore plus haut sous le soleil ardent pour arriver à l’étang de Carreau. Nous pique-niquons au bord du ruisseau, faisons sécher ce qui est encore mouillé de l’orage précédent et j’en profite pour faire une sieste sur un rocher plat les orteils en éventails se faisant chatouiller par un buisson de rhododendrons.

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Mais il faut repartir et nous continuons de monter sur la crête et redescendons dans un vallon tapissé de rhododendrons en fleur. Nous longeons et traversons encore un ruisseau bouillonnant. Puis du rose on vire au jaune des genêts qui nous mènent vers 15 heures à la cabane Rieufort de Gascous qui semble fermée. Il fait encore beau même si des nuages semblent se profiler au-dessus des montagnes. Nous faisons une courte pause. rando-bivouac-ariege-juillet-201312.jpg

Puis il faut remonter sur le versant mais ne trouvons pas le sentier prévu. Nous tentons de monter plus haut ou d’aller plus bas pour éviter les obstacles végétaux, rocheux et le relief trop escarpé. Entre la cabane Rieufort de Gascous et celle des Ludines il y a 2 km. Donc nous pensons l’atteindre en une bonne heure maxi. Mais en réalité il nous a fallu 3 heures pour l’atteindre.

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Nous voulons suivre le relief en haut du versant pour atteindre le col qui se dessine au loin entre deux espaces boisés. Mais que des obstacles se dressent devant nous avec en plus une végétation très dense. Nous voulons redescendre pour nous frayer un sentier plus bas quitte à se rallonger. Lucile, notre leader part en éclaireur dans la pente très raide tapissée de fougères. Elle nous appelle et nous descendons pour pénétrer une forêt de gros chênes mais la végétation est toujours aussi dense entre fougères, ronces et orties. Je commence à ressentir des gouttes tomber et je décide d’enfiler ma gore-tex.

Philippe décide de passer devant et, avec son bâton en guise de machette, nous fraie un passage jusqu’à arriver en bas. Il ne pleut pas et je me sens comme dans un sauna dans cette veste imperméable. Nous marchons jusqu’à arriver à une clairière ou plutôt une tourbière où les mouches et moustiques commencent à nous bombarder. Nous faisons tout de même une pause. Comme il ne se décide toujours pas à pleuvoir, j’enlève ma veste imperméable. Je commence aussi à m’inquiéter sur ce qui me reste en eau. Il faut remonter dans la forêt pour atteindre le col car la cabane se trouve dans la vallée derrière. Le col est enfin atteint et les vaches nous y accueillent. Nous marchons sur ce plateau pour tenter de trouver un sentier qui nous ferait redescendre de l’autre côté. Nous montons sur une pierre et nous apercevons cette cabane. On y aperçoit aussi de vagues silhouettes dont une qui guide un troupeau et nous l’entendons héler : « Passez devant ! Passez devant ! »  (avec l'accent local).

Enfin nous trouvons un sentier à vache qui nous mène dans la vallée. Mais nous arrivons dans un espace marécageux et il commence à pleuvoir. Nous mettons gore-tex et sursac et commençons à enjamber ruisseaux, à sautiller de pierres en pierres. Nous ne sommes plus très loin du troupeau gardé par des patous. Nous nous écartons par la gauche pour ne pas qu’ils nous embêtent car ils ont bien sentis notre présence et nous aboient dessus pendant que les chiens de bergers guident tant bien que mal le troupeau. rando-itinerante-ariege7.jpg

Il est 18 heures. Nous sommes à la cabane. Elle est complète, toute la famille du berger est venue pour emmener les bêtes dans les pâtures. Nous attendons sous un arbre à l’abri de la pluie incessante. La cabane se compose d’une partie privée et d’une seconde partie pour les randonneurs. Nous décidons tout de même d’y poser nos affaires. Les bergers nous y encouragent et nous proposent de se serrer pour qu’on puisse dormir. Mais nous préférons planter la tente entre deux éclaircies. La partie refuge comporte un bat-flanc supportant des lits superposés (2x3). Il y a aussi un évier avec eau potable ce qui permet de suite de faire de l’eau sans pastille et de se laver. Il y a une table, un banc, chaises et tabourets. Au fond une petite cheminée, mais nous décidons de ne pas l’utiliser pour économiser leur bois.

C’est bientôt l’heure de l’apéro puis du repas bien mérité. Nous rejoignons les tentes mouillées, mais le ciel est à présent dégagé.

Jour 4

Lever 6 heures 30. Nous réalisons bien que nous avons eu de la chance de ne pas avoir été obligés de rester à la cabane de Rieufort ce qui nous économise 3 heures de crapahute dans la végétation. Nous déjeunons et empaquetons les tentes mouillées. Nous saluons les bergers et repartons au fond de la vallée pour atteindre La Serre de Unarde. Pour atteindre le col nous devons traverser des étendus de rhododendrons qui recouvrent tout le relief. Au pied du col une masse neigeuse s’étale et dénote la violence d’une avalanche hivernale entraînant tout un amas de roches. rando-bivouac-ariege-juillet-201314.jpgrando-bivouac-ariege-juillet-201315.jpg

Le col atteint, le paysage change et nous avons un plateau qui rappelle les paysages auvergnats. Au loin des arêtes effilées se dessinent au-dessus de la première vallée empruntée. Nous suivons la ligne de crête dont les points culminants se dressent avec des rochers aux formes particulières comme les oreilles d’Ane au pic de Bèze, et un abri vernaculaire se dévoile en passant prando-itinerante-ariege8.jpgar le Pas des Egues. Nous passons le Pic de Baljésous et pique-niquons au-dessus d’un névé et repartons. Il faut descendre plus loin par le Col de Bayle.

C’est vraiment très raide et pas moyen de trouver un sentier sauf au début. On y va à tâtons, dérangeant parfois des moutons endormis sous les rochers fuyant le soleil brûlant. Les genoux commencent à fatiguer. Nous arrivons à trouver des semblants de sentier par pallier. Soudain une jeune couleuvre se faufile entre nos pieds. On regarde vers le haut et on s’aperçoit que l’on a bien progressé dans cette descente très rude, mais si on regarde tout en bas, où le sentier se dessine le long du ruisseau d’Escales c’est encore très loin. Concentrés sur chaque pas parfois glissant nous regagnons soulagés et épuisés le ruisseau.

rando-bivouac-ariege-juillet-201316.jpgNous sommes sur le sentier du premier jour et un groupe de randonneurs tout pimpants et sautillants arrive vers nous. Le soleil a disparu. Le ciel est voilé et il fait très lourd dans cette vallée. Nous commençons notre descente assez rapidement de peur qu’un orage éclate. Le chemin semble très long et lorsqu’on entre dans la forêt on ressent de grosses rafales de vents et soudain tout s’obscurcit très rapidement. On marche très vite et on arrive au véhicule. Le soleil reparaît et on peut se changer et faire un brin de toilette dans le ruisseau.

 Excellent raid pendant quatre jours dans des vallées magnifiques et très sauvages. A recommander à condition de bien préparer ses topos de randos sachant que sur le terrain il y aura à anticiper et à réadapter ses itinéraires.

Commentaires (2)

WOHMANN

Bonjour
on vient de me partager un lien de ton site sur ma page Facebook :
https://www.facebook.com/Le.dahu.Ariegeois

Es ce que tu veux qu'on procède à un échange de lien de nos site internet le dahu Ariégeois : ( http://dahu-ariegeois.fr/ ) avec ton site :(http://cagouillarde.e-monsite.com/)
Sportivement Denis

cagouillarde
  • 2. cagouillarde (site web) | 22/07/2013

Pas de soucis.
Céline

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