Rando massif Gavarnie-Ordesa avec Casque de Marboré

 

Du village de Gavarnie au refuge de Tuquerouye,

De Tuquerouye au refuge de Goriz via le col du Cylindre,

De Goriz à Gavarnie avec ascension du Casque puis passage à la Brèche de Roland et redescente dans la vallée

des Pouey Aspé et plateau de Bellevue jusqu’à Gavarnie.

Par le CD FFME 17

 

 

Jour 1

 

 

 

Départ du village de Gavarnie (9h15 – altitude 1370m). Assez chaud et beau temps.

Nous montons dans la forêt.

Et  nous suivons le sentier jusqu’au refuge des Espuguettes : arrêt petites graines. La verdure est présente et le cirque offre une belle toile de fond.

 

Puis nous repartons vers la Hourquette d’Alans (2430m).

Arrivés au col nous pique-niquons au-dessus du cirque d’Estaubé où le panorama est déjà plus minéral et nous apercevons des névés.

 

 

Ensuite nous nous dirigeons vers la brèche de Tuquerouye.

Une fois arrivée à la barre rocheuse, nous chaussons nos crampons, mettons notre casque et prenons nos piolets pour ascensionner le couloir de neige de Tuquerouye.

Le couloir de Tuquerouye est enfin visible!

Nous avons déjà pas mal de dénivelé dans les jambes, mais apprécions ce passage. Nous arrivons au refuge vers 15H30.

A côté du refuge de Tuquerouye, vue sur le Mont Perdu Déjà du monde au refuge

Le refuge de Tuquerouye est mythique. Lorsque vous l’apercevez depuis le haut du couloir il est surplombé d’une statue de La vierge.

 

L’histoire mythique de Tuquerouye.

 

Tuqueroouye avant l'agrandissement

 

Ce refuge, le plus vieux  et le plus haut (2660m) des Pyrénées et construit en 1889 est encastré dans une brèche et se trouve être le passage entre deux mondes : celui des Hautes Pyrénées et le Pays d’Aragon. Depuis la terrasse votre regard se dirige vers une montagne qui fût très convoitée au temps du Pyrénéisme du XIX : Le mont Perdu ou El Monte Perdido. En effet son sommet est visible de loin mais son accès fut difficile à trouver. En bas du pierrier vertigineux vous avez le lac Glacé. Mais pour accéder à ce refuge il faut remonter son couloir qui porte le même nom.

Ce couloir d’une forte inclinaison est plus facile si il est enneigé (neige dure) pour le remonter en crampons et piolets. Les virages sont serrés et la remontée sur 250m peuvent paraître interminable suite à une marche de 4H00 avec  plus de 1000m de dénivelé positif.

Il faut bien assurer son « cramponnage » et l’utilisation du piolet car la glissade serait assez longue et la remontée aussi ! Soudain sous le soleil qui tape dure alors que nous cramponnons avec force et vigueur cette longue langue qui semble se dérouler depuis le ciel nous apercevons la Vierge de Tuquerouye posée sur son rocher (Statue de 75 kg que le guide François Bernat Salles porta sur son dos depuis Gavarnie le 11 Août 1890 pour l’inauguration du refuge).

 

François B. Salles

 

Enfin nous atteignons la fin du couloir et gravissons le rocher pour se retrouver sur la plate-forme (15H30). A notre droite nous découvrons la plaque qui rend hommage à Louis Robach qui a gravit Le Mont Perdu 43 fois. Le Mont Perdu se dresse devant nous de l’autre côté du Lac Glacé.

Ce refuge qui ne contient que 12 couchettes et une pièce avec un poêle et 2 tables devra pourtant accueillir 22 personnes !!! Il faut s’organiser : dormir tête-bêche, sur les tables, par terre, sur les bancs…

Mais même arrivés au refuge, la journée n’est pas achevée : ayant bu 2 litres d’eau pour y arriver il faut trouver de l’eau pour le repas du soir, le petit déjeuner et la journée pour le Mont Perdu. Quatre d’entre nous redescendons en chercher près du lac Glacé 100m plus bas en désescaladant rochers et pierrier glissant ! Cela me paraît l’exercice le plus pénible de la journée…

Ensuite sieste au soleil, puis apéro et repas.

 

 

Heure du couché mouvementée pour que chacun se trouve un semblant de place…

Jour 2

 

 

Les espagnols qui partagent le refuges se sont levés à 4H00, d’autres à 6H00 et nous attendons pour repartir tranquillement après cette nuit peu réparatrice.

 

 

Il fait beau mais le ciel est marbré d’un gris léger vers le sud. Nous descendons ce fameux pierrier (je déteste ce genre de terrain !) avec nos 15kg sur le dos et équipés d’un baudrier.

Nous reprenons de l’eau au lac .Puis nous le longeons pour ensuite le traverser à un endroit sécurisé.

Nous atteignons la barre rocheuse qui se dresse devant nous.

Il faut l’escalader avec nos sacs à dos. Une corde est déjà installée mais préférons utiliser les nôtres ne connaissant pas son état. Les plus expérimentés grimpent pour installer des relais et faire monter les novices.

Nous, les 3 plus ou moins novices Parti pour installer un relais

Grimper en chaussure avec crampons et sac à dos m’a demandé pas mal d’énergie car arrivée en haut de la voie il fallait enchaîner avec une pente raide. Et là catastrophe : impossible de retrouver mon souffle, de récupérer. M’arrêtant tous les trois pas, les deux mains cramponnées au piolet devant moi, j’essayais d’avaler des grandes bouffées d’air, mais en vain. J’atteins tant bien que mal le haut de la pente.

 

A bout de souffle!

 

Il ne faut pas traîner car des nuages bas commençent à envelopper Le Mont Perdu et le col du Cylindre qu’il faut maintenant franchir. J’avale un « tube coup de fouet » et j’avance en m’arrêtant tous les dix pas le souffle court mais qui revient peu à peu.

Le col du Cylindre à gravir Ouf! Col franchi...

Mais le problème c’est que j’ai perdu beaucoup d’énergie et je commence à sentir le froid. Je continue à suivre les traces de mes compagnons, mais les marches dans cette neige molle et lourde parfois sont hautes et me fatiguent. Je sens que Le Mont Perdu ne sera pas pour moi cette fois! Enfin j’arrive au col du Cylindre: du vent froid et il fait très gris ; cela me démoralise. On redescend sur des rochers glissants et essayons de trouver un coin à l’abri du vent pour le repas de midi.

EL MONTE PERDIDO en quelques mots:

Ramond de Carbonnières est à l’origine de son nom, car suite à plusieurs expéditions en passant par le couloir périlleux de Tuquerouye pour étudier le massif calcaire du Marboré, il échoua deux fois avant de le gravir le 10 Août 1802. Mais 4 jours avant lui ce fut Rondo et Laurens envoyés par Ramond qui entreprirent l’ascension en éclaireurs.

 

Sir Ramond

 

Nous avons vu sur le couloir qui monte au sommet du Mont Perdu : Pas moins de 400m de dénivelé, il est étroit et un peu trop de monde pour moi le gravissent.

Monte Perdido Monte Perdido

J’annonce que je ne me sens pas du tout de le faire, en plus un sale mal à la gorge commence à me gagner. Parmi mes compagnons certains se sentent aussi fatigués et comme une autre journée nous attend, nous préférons redescendre au refuge de Goriz, un peu déçus.

On enlève les crampons. Un peu de désescalade.

Nous retrouvons un sentier trop pierreux à mon goût (à bout de force, je marche sur les cailloux et pierres qui roulent sous mes pieds et me déséquilibrent tout le long !) Mais la présence de quelques marmottes, des fleurs de rocaille, de l’arrête et la vue sur le canyon d’Ordesa rendent cette descente plus agréable.

Canyon d'Ordesa gentianes fuge de Goriz tout en bas

Mais il me faut bien 2 heures pour atteindre le refuge de Goriz et mon sac commence à me peser.

Arrivée au refuge vers 15H30. Il fait beau et chaud, le ciel est dégagé, et derrière nous le sommet du Mont Perdu joue à cache-cache dans le brouillard. Au refuge, l’ambiance est bien différente entre les promeneurs, randonneurs… Des bivouacs poussent tout autour…. Nous nous installons et sentons que nous allons bien apprécier d’avoir une couchette vraiment individuelle !!

On savoure dehors ce paysage minéral, cette vallée glaciaire aux sculptures dues à l’érosion nous impressionnent. Nous sommes en bas d’une ligne de pics et de sommets de plus de 3000m qui bordent ce canyon dont nous devinons le rio Arazas qui s’y faufile.

A 18H00 nous prenons l’apéro dehors et à 19H00 nous rentrons manger un vrai repas. La nuit doit être réparatrice car la journée qui nous attend sera longue.

 

Apéro-time!

 

JOUR 3

 

 

 

Levé 6H00 et départ 7H00 pour faire Le Casque du Marboré. On a mieux dormi. L’orage de la nuit fait place à un ciel dégagé mais instable. Nous suivons le sentier, franchissons un torrent et remontons cette vallée vers l’ouest laissant Le Mont Perdu derrière nous.

Des marmottes se réveillent, des isards nous surprennent. Nous marchons dans des pâturages bien humides, puis sur des roches calcaires aux formes aussi surprenantes que magnifiques.

Ensuite le sentier commence à monter. Il faut encore escalader des rochers.

Puis nous arrivons à une barre rocheuse qui surplombe un névé. Changement de matériel : on sort crampons, casques et piolets et nous traversons ce glacier à la pente très raide et vertigineuse.

Ensuite on se trouve au niveau du glacier du col des Isard qu’il faut gravir. Il faut cramponner dur et bien planter son piolet. C’est tellement raide que les traversées où c’est le bras gauche qui plante le piolet commence à devenir douloureux. Enfin le haut du col est atteint. Nous avons bien respecté les distances de sécurité et croisement. Il ne fallait pas glisser car  sinon cela se termine sur des barres rocheuses.

 

J’ai trouvé ce col plus ardu et périlleux que le couloir de Tuquerouye, mais cela dépend des conditions d’enneigement et de la météo.

Plus loin derrière des rochers nous laissons les sacs et prenons juste un peu d’eau, des abricots secs et partons ascensionner Le Casque du Marboré (3003m). Sans le poids du sac, tout devient plus facile. Le sommet n’est pas très technique.

En route pour le Casque du Marboré La Tour en arrière plan Vers le sommet du Casque 

A la fin il faut encore escalader des rochers.

 

Là une vue magnifique à 360° s’offre à nous. La vallée d’Ordesa, le sommet de La Tour (3009m), puis à l’ouest en contre bas la Brèche de Roland qui apparaît et disparaît dans les nuages. On sent que le temps est instable. Nuages gris qui défilent à vive allure au-dessus de nos têtes. Mais au-dessus de la vallée de Gavarnie nous pouvons voir la verdure des pâturages qui contrastent fortement avec l’ambiance minérale et glaciaire dans laquelle nous évoluons. La photo de groupe s’impose. Enfin le troisième jour, on a gravit un sommet !

Vers le cirque de Gavarnie

 

Redescente avec exercice d’ancrage au piolet en cas de chute.

Puis nous reprenons les sacs : pfff.. c’est lourd ;on avait oublié ! Il grêle un peu nous nous dirigeons vers la brèche de Roland en longeant l’arrête rocheuse dont une chaîne (main courante) nous aide sur un passage bien délicat.

La Brèche se dresse devant nous.

Il faut monter puis marcher sur les rochers à découvert et redescendons vers le refuge des Sarradets.

Vers le refuge des Sarradets

Il fait froid et on sent que le temps se gâte. Nous mangeons en 15 minutes dans le sas du refuge et descendons le col des Sarradets et prenons un sentier sur la droite.

On franchit un torrent et enlevons nos crampons et tout l’attirail d’alpinisme pour se mettre en tenue de randonneur.

Descente dans un pierrier (pfff ………) la partie rocheuse Saint Bertrand puis «Les Crampettes». Puis on change d’étage alpin: pâturage avec troupeau de schtroumf-moutons, chevaux et rejoignons de l’autre côté du gave le sentier qui mène sur le plateau de Bellevue.

Des marmottes se redressent sur notre passage. Il fait chaud et lourd en redescendant dans la vallée des Pouey Aspé. Nous sommes dans la verdure et le long du chemin nous marchons au milieu de fleurs et végétation de moyenne altitude. Le sentier descend doucement sur le village même de Gavarnie.

Le cirque de Gavarnie

Arrivée : 16H30 ==> 9H30 de « marche ».

Très beau weekend...

 

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Commentaires (3)

Tancrede SAVALLE
  • 1. Tancrede SAVALLE | 17/06/2011
jolie bambée dans un coin que j'affectionne,à cette époque il vaut mieux bivouaquer à l'étang glacé sous la brêche on y passe une nuit plus calme et l'eau est plus près. Le pas des isards était dégagé à ce que je vois.
LEBEAU GEORGES DIT YO
  • 2. LEBEAU GEORGES DIT YO | 18/06/2011
très belle balade paysage merveilleux MERCI CELINE
Le Chapeau Voyageur
  • 3. Le Chapeau Voyageur (site web) | 22/06/2011
Bravo ! Belle balade, bien décrite : ça donne envie d'y être.

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